Réuni ce mardi 20 janvier 2026 au 23ᵉ étage de l’immeuble CAISTAB au Plateau, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et des Productions vivrières, Kobenan Kouassi Adjoumani a tenu une conférence de presse censée « rassurer » les producteurs de cacao. Mais derrière un discours maîtrisé, le gouvernement a surtout admis l’ampleur d’une crise qu’il a longtemps minimisée.
Alors que plus de 85 % de la production nationale aurait été vendue par anticipation, l’exécutif reconnaît aujourd’hui une chute de 30 % des cours internationaux, passée de 5 000 à 3 500 livres la tonne. Une baisse brutale que le mécanisme de stabilisation, pourtant présenté comme infaillible, n’a manifestement pas anticipée dans ses effets logistiques et commerciaux.
Résultat : 123 000 tonnes de cacao, évaluées à un peu plus de 280 milliards de FCFA, restent bloquées dans les zones de production, notamment à Duékoué, principal foyer de la crise. Le gouvernement parle de « ralentissements temporaires », mais les producteurs, eux, font face à des stocks invendus, à des acheteurs défaillants et à des transactions parfois conclues en dessous du prix officiel de 2 800 FCFA/kg.
Plus grave, le ministre s’est dédouané des achats frauduleux, les qualifiant de simples « arrangements privés », exonérant ainsi le Conseil du Café-Cacao de toute responsabilité, malgré son rôle central de régulation. Par ailleurs, 102 camions bloqués, dont 62 sans connaissement, font l’objet d’une enquête de gendarmerie, révélant de sérieuses failles dans la traçabilité et le contrôle de la filière.
Malgré l’annonce tardive d’un plan d’enlèvement des stocks, le gouvernement peine à expliquer comment une filière aussi stratégique a pu se retrouver dans une telle impasse, au risque de fragiliser durablement les revenus des producteurs et la stabilité sociale qu’il prétend protéger.
Timothé Guei






0 Commentaire
Aucun commentaire à afficher !